June 11, 2011

Fosse septique océanique













Puri, Orissa. Un village de pêcheur en apparence des plus charmants. On y voit des filets à la structure si fine qu'on les prendrait pour des nuages. Les enfants sont gais, ils courent, ils virevoltent sur le sable. Pour eux les vacances c'est tous les jours.  Des femmes font sêcher leurs saris tout propres, tout colorés, tout photogéniques, le long de carcasses de bateaux. Des hommes reviennent de la pêche, le corps maigre mais les muscles bandés, avec des prises encore palpitantes entre les mains. On sentirait presque déjà le poisson grillé... Ah, un village paradisiaque...

Et bah non.

Plutôt l'inverse, en fait.

Les maisons en paille sont complètement délabrés. Si les enfants sont en "vacances", c'est parce qu'ils ne vont jamais à l'école. Il est 9h du matin et certains hommes sont déjà complètement bourrés. Les jeunes sont agressifs. Et, surtout, la plage n'est pas une simple bordure de sable où les touristes posent leurs serviettes. Les touristes ne viennent pas se baigner ici, et on les comprend. Car la plage n'est rien d'autre qu'une toilette géante, à ciel ouvert. Il n'y a pas de cabinets au village. Donc les villageois viennent s'accroupir sur la plage pour faire leurs besoins. Ainsi, toute promenade au bord de l'océan devient une épreuve dérangeante, où les pieds évitent les merdes et les yeux ces hommes et femmes en position intime.

Une fosse septique océanique.