July 20, 2011

Et le Bouddha s'Eveilla

 Bodhgaya

A l'instar de cette petite fille, l'Occidental a souvent tendance à regarder l'Inde (ou par extension toute destination exotique) par une lorgnette, par une fente étroite où seules les clichés et les idées préconçues peuvent être entre-aperçus. Ainsi, pour beaucoup, l'Inde est le pays de l'hindouisme. Ce n'est pas tout à fait faux: plus de 80% des Indiens croient en Brahma, Shiva, Vishnou ou autre Parvati. Mais on oublie souvent que l'Inde abrite aussi la seconde population musulmane du monde. De même, peu d'entre nous associeraient l'Inde au bouddhisme. 

C'est pourtant en Inde, en plein milieu de l'actuel Bihar, l'une des régions les plus déshéritées du pays, que se situe le berceau du bouddhisme. Car c'est ici, à Boddhgaya, que le Bouddha a été foudroyé par la Vérité. Le lieu est aujourd'hui l'un des centres de pèlerinage les plus importants au monde. Chaque année, des millions de Bouddhistes, venus de Corée, du Japon, de Thaïlande, du Népal et des quatre coins du monde, s'y donnent rendez-vous pour prier ensemble. Un émouvant lieu de mélange et d'unité. Boddhgaya, une autre idée de l'Inde.


Bodghaya, 6 heures du matin

 
 Boddhgaya, 11 heures du matin

 
Boddhgaya, 15 heures

 Boddhgaya, 17 heures. Sous l'arbre de l'Illumination.

July 08, 2011

Bharat ka thali, le thali de l'Inde

 Punjabi Thali, Amritsar (Inde du Nord): paratha, kari, choley, raïta, red daal, et chutney de pamplemousse.
 
 « Pour moi, l’Inde ressemble à un thali – c’est-à-dire à un ensemble de petits bols remplis de délicieux mets et réunis dans une même assiette. Ces mets ne se mélangent pas et ont des goûts bien distincts. Mais ils appartiennent au même plat et participent, par leur complémentarité, à la saveur générale du repas. »

Shashi Tharoor, ministre des Affaires étrangères de l'Inde, 2010.

Je n’aurais trouvé meilleure métaphore pour résumer le caractère multidimensionnel  et la diversité vertifineuse de l’Inde. Car, entre le musulman Kashmiri au teint clair, le chrétien du Mizoram aux traits presque chinois et l’hindou du Tamil Nadu à la peau très noire, l'Inde s'apparente à un océan de différences: langue, religion, structure familiale, habitudes alimentaires, caractère…difficile de croire que tous ces peuples appartiennent au même pays. Et pourtant, tous vivent sous le même drapeau. Mieux,  tous se caractérisent à leur manière par une certaine "indianité", et ce malgré  les revendications régionalistes voir indépendantistes parfois très houleuses,. Une indianité qui se retrouve par exemple dans la passion sans borne des Indiens pour les films dansants, le paan et le cricket.

L'Inde, ou l'unité dans la multiplicité.

Thali "South India style", Karnataka: papad, riz, chutney à la noix de coco, sambar, dahi, daal,sabzi

June 30, 2011

Le cinéma "français" selon les Indiens

 Lucknow, UP

A Shillong, dans le Nord-Est de l'Inde.
Un type vend des DVD - est-il utile de préciser qu'ils sont piratés? Je jette un oeil à sa cargaison et je découvre, surpris, qu'il ne vend pas que des films en hindi. Il y a des films coréens et chinois (normal, la Chine n'est pas très éloignée) mais il semble aussi y avoir quelques films occidentaux. Par curiosité, je demande sans trop y croire au vendeur s'il a des films français. Son visage s'illumine. D'un ton fier il me réponds que "oui". Il se met alors à retourner dans tous les sens son tas de DVD. Après une recherche frénétique, il finit par mettre la main sur le film "français" tant attendu. Avec un sourire jusqu'aux oreilles, il me tend alors une pochette sur laquelle se trouve une photo du magnifique... Jean-Claude Van Damme. Un bien bel ambassadeur de la France.

A New Delhi, dans un rickshaw. 
Le conducteur est d'humeur affable. Il a envie de parler de tout et de rien. Et en Inde, quand on parle de tout et de rien, ça finit souvent par déboucher sur Bollywood. Acteurs favoris, films préférés, mélodie la plus mémorable... Les films indiens, une source inépuisable de sujets de conversation. Par curiosité, je demande au rickshawallah sans trop y croire s'il aime les films français. Evidemment, me répond-t-il. Eberlué, je lui demande donc le nom de son actrice préférée. Avec un sourire un peu coquin, il me vante alors les charmes de... Paris Hilton. Une bien belle ambassadrice de la France.

 Mysore, Karnataka

June 11, 2011

Fosse septique océanique













Puri, Orissa. Un village de pêcheur en apparence des plus charmants. On y voit des filets à la structure si fine qu'on les prendrait pour des nuages. Les enfants sont gais, ils courent, ils virevoltent sur le sable. Pour eux les vacances c'est tous les jours.  Des femmes font sêcher leurs saris tout propres, tout colorés, tout photogéniques, le long de carcasses de bateaux. Des hommes reviennent de la pêche, le corps maigre mais les muscles bandés, avec des prises encore palpitantes entre les mains. On sentirait presque déjà le poisson grillé... Ah, un village paradisiaque...

Et bah non.

Plutôt l'inverse, en fait.

Les maisons en paille sont complètement délabrés. Si les enfants sont en "vacances", c'est parce qu'ils ne vont jamais à l'école. Il est 9h du matin et certains hommes sont déjà complètement bourrés. Les jeunes sont agressifs. Et, surtout, la plage n'est pas une simple bordure de sable où les touristes posent leurs serviettes. Les touristes ne viennent pas se baigner ici, et on les comprend. Car la plage n'est rien d'autre qu'une toilette géante, à ciel ouvert. Il n'y a pas de cabinets au village. Donc les villageois viennent s'accroupir sur la plage pour faire leurs besoins. Ainsi, toute promenade au bord de l'océan devient une épreuve dérangeante, où les pieds évitent les merdes et les yeux ces hommes et femmes en position intime.

Une fosse septique océanique.

February 18, 2011

Bicyclettes - Un pays qui (ne) tourne (pas) rond.

Hero Cycle. C'est le nom de la marque de vélo la plus emblématique d'Inde. Peut-être une façon de dire que pédaler dans les rues apocalyptiques du sous-continent revient à accéder au statut de héros. Ou de kamikaze.

Mais rien ne remplacera le charme des désuets vélos indiens, avec leur gentille et presque poétique sonnette (en comparaison des monstrueux et vulgaires klaxons), leur unique vitesse, leurs énormes ressorts sous la selle en guise d'amortisseur  et leur grosse béquille en fer. C'est peut-être dangereux de faire du vélo en Inde, mais au moins on a la classe.

 
Bundi, Rajasthan

 Konark, Orissa

 Puri, Orissa

Gwalior, Madhya Pradesh

February 17, 2011

Diversité


Un jeune népalais redonnant des couleurs à un temple bouddhiste tibétain situé dans la ville indienne de Bodhgaya.

C'est ce qu'on appelle un mélange des cultures.

February 10, 2011

Spectacle improvisé

Dans un camps d'immigrés, près de la gare Nizzamuddin. Ce ne sont pas des étrangers; ce sont simplement des Indiens de province venus tenter leur chance à Delhi. En France, on a peu l'habitude de décrire des Alsaciens ou des Bretons installés à Paris comme des immigrés, mais l'Inde est tellement vaste et les situations des différents États tellement variées que le terme "immigration" est tout à fait pertinent.

Ici, il s'agit d'immigrés atypiques, car ils ne viennent pas d'Etats pauvres tels le Bihar, l'Uttar Pradesh ou le Jharkand. Non, ceux-là sont originaires de provinces censées être riches, en l'occurence le Gujarat et le Maharasthra. Ils sont partis pour fuir les mauvaises récoltes, parce que leur maison a été détruit par un tremblement de terre ou parce qu'ils pensent tout simplement qu'il est plus facile de vivre dans la capitale.

Ils ne vivent pas dans le luxe. Pour rejoindre le reste de la ville ils doivent traverser, au risque de leur vie, une double-voie où les automobilistes roulent comme des dingues. Sans passage clouté, évidemment. Ils ont pour guise de toit une simple tente en bâche.

Mais ils ne vivent pas dans la misère pour autant. Les adultes ont presque tous un portable et la télé est dressée comme un trophée au centre de la tente. Il y a même un lecteur DVD. Avec les films qui vont avec, cela va sans dire. De quoi inspirer les petits du camps. Des petits qui ont la pêche et qui ne manquent pas une occasion pour imiter les SRK, Salmaan, Aamir Khan ou autres hyperstars bollywoodiennes. .

 
 
 


Et je ne suis pas le seul à avoir apprécié je crois!

February 08, 2011

Sur le chemin de l'école


Tresses agrémentées d'un petit ruban. Language au débit ahurissant. Panier-repas garni de sambar et d'idlis. Prendre son temps en rigolant avec les filles.

Welcome to the South.

Mysore, Karnataka. En arrière-plan, affiches de cinéma kanada, telugu et tamil. Bien que les acteurs soient  inconnus dans le reste du monde, ils sont adulés comme des Dieux auprès des locaux (ce n'est pas une figure stylistique de ma part que de dire cela: il y a vraiment des temples qui leur sont dédiés).

February 03, 2011

Pouliss

"Pouliss", car en hindi c'est comme ça que se prononce le mot "police".

Deux policiers aux aguets à Bombay, devant le Taj Hotel. Ce dernier avait été l'objet d'une violente attaque terroriste en 2005 (revendiqué par un groupe islamiste relié au Pakistan)

Pendant les festivals religieux réunissant des millions de personnes (ici, le Ganesh Festival à Pune, dans le Maharshtra), le rôle de la police est aussi de contrôler les mouvements de foule. Un mauvais maintient de l'ordre et c'est parfois des centaines de fidèles qui meurent piétinés.


Policiers à Calcutta. Vous remarquerez leur splendide casque, sorte de fusion entre les couvre-chefs coloniaux et les casques de chantier. Et même s'ils sont toujours prêt à porter main forte à un bus ayant du mal à démarrer, ils n'ont pas l'air de blaguer.

January 28, 2011

Réveil lumineux au temple d'or

Le Temple d'Or d'Amritsar est un véritable bijou. Et pas seulement parce que ses murs sont constitués d'or massif. L'édifice le plus sacré du sikhisme resplendit certes par sa beauté, mais aussi par l'ambiance extraordinaire qui l'entoure.

Le matin est le moment idéal pour profiter du lieu. Au fur et à mesure que le soleil se lève, les carats du temple se réveillent et déploient leur éblouissant éclat. Progressivement, c'est un second soleil qui apparaît aux yeux des fidèles. Un soleil nommé Temple d'Or.

Autour du temple, les sikhs les plus téméraires affrontent le froid hivernal et prennent un bain dans l'eau sacré, poétiquement dénommée "piscine de nectar". Les autres se contentent de déambuler à travers les allées en marbe. Marbe rendu aussi froid que la glace par le rigoureux hiver punjabi.

Pour se réchauffer, rien de mieux que de l'halwa bien chaude et fraichement préparée. Ce délicieux met, élaboré à base de semoule cuite dans du miel et du ghee et agrémenté de noix de cajoux., s'achète dans l'enceinte même le Temple. Acheter cet halwa permet, en plus de se régaler, de faire une donation à la communauté.

L'atmosphère du temple est calme. Ce qui est très rare en Inde. Le splendide défilé de turbans sikhs, aux couleurs et aux formes élégantes, se déroule en douceur. En arrière-fond, les chants des prêtres résonnent dans tout le temple.

Mais, un bruit semble trancher avec l'ambiance reposante du lieu. Un bruit métallique. Un bruit puissant. Comme si deux armées s'affrontaient à l'épée. A y regarder de plus près, c'est en fait des dizaines et des dizaines de volontaires qui s'affairent à laver une impressionnante montagne de vaisselle. Le déjeuner va en effet bientôt être servi. Au Temple d'Or, il est possible de manger gratuitement: tout le monde est invité à venir s'asseoir dans une grande salle, à même le sol, et à déguster un repas végétarien composé de daals, de chapatis et d'halwa. Manger ce délicieux repas, aux côtés d'un Sikh au majustueux turban et à la barbe imposante, est une expérience inoubliable.









January 26, 2011

Chaos urbain

 
Embouteillage de rickshaws: une somptueuse symphonie de klaxons en prévision
 
L’Inde c’est bien connu, c’est un cocktail savoureux de couleurs flamboyantes, d’odeurs envoutantes et de mélodies ensorcelantes.
Mais oui, mais oui.
On s’en rend d’ailleurs bien compte en se promenant dans les rues de New Delhi.
Couleurs éclatantes telles le gris-béton, odeurs subtiles de toxiques émanations, sons mélodieux de klaxons, ça oui, l’Inde a vraiment tout pour nous séduire ! 

Les buildings de Connaught Place qui prennent, en ce matin brumeux, la forme de "dents cassées".

January 20, 2011

Calicut, "Banana's Own Country"

Le Kerala est un lieu si paradisiaque que les autorités locales ont rebaptisé la région "God's Own Country". "Le pays de Dieu en personne". Rien que ça. 

C'est pourtant vrai qu'avec ses plages bordées de cocotier, ses reposants canaux cisaillant la jungle et ses collines verdoyantes, il y a quelque chose de divin au Kerala.

En tout cas, s'il existait un Dieu de la Banane, le foyer de ce dernier serait probablement localisé à Calicut. Car, au coeur de la ville, se trouve un incroyable marché où l'on ne veut qu'une chose: de la banane. Bananophobes, s'abstenir.

Jaune, vert et même marron: la palette de couleur a de quoi égayer la ville assombrit par un ciel grisâtre. Mini-banane, banane sêchée, banane géante, banane bien mûre, banane bien verte: ne reste plus qu'à faire un choix.