January 28, 2011

Réveil lumineux au temple d'or

Le Temple d'Or d'Amritsar est un véritable bijou. Et pas seulement parce que ses murs sont constitués d'or massif. L'édifice le plus sacré du sikhisme resplendit certes par sa beauté, mais aussi par l'ambiance extraordinaire qui l'entoure.

Le matin est le moment idéal pour profiter du lieu. Au fur et à mesure que le soleil se lève, les carats du temple se réveillent et déploient leur éblouissant éclat. Progressivement, c'est un second soleil qui apparaît aux yeux des fidèles. Un soleil nommé Temple d'Or.

Autour du temple, les sikhs les plus téméraires affrontent le froid hivernal et prennent un bain dans l'eau sacré, poétiquement dénommée "piscine de nectar". Les autres se contentent de déambuler à travers les allées en marbe. Marbe rendu aussi froid que la glace par le rigoureux hiver punjabi.

Pour se réchauffer, rien de mieux que de l'halwa bien chaude et fraichement préparée. Ce délicieux met, élaboré à base de semoule cuite dans du miel et du ghee et agrémenté de noix de cajoux., s'achète dans l'enceinte même le Temple. Acheter cet halwa permet, en plus de se régaler, de faire une donation à la communauté.

L'atmosphère du temple est calme. Ce qui est très rare en Inde. Le splendide défilé de turbans sikhs, aux couleurs et aux formes élégantes, se déroule en douceur. En arrière-fond, les chants des prêtres résonnent dans tout le temple.

Mais, un bruit semble trancher avec l'ambiance reposante du lieu. Un bruit métallique. Un bruit puissant. Comme si deux armées s'affrontaient à l'épée. A y regarder de plus près, c'est en fait des dizaines et des dizaines de volontaires qui s'affairent à laver une impressionnante montagne de vaisselle. Le déjeuner va en effet bientôt être servi. Au Temple d'Or, il est possible de manger gratuitement: tout le monde est invité à venir s'asseoir dans une grande salle, à même le sol, et à déguster un repas végétarien composé de daals, de chapatis et d'halwa. Manger ce délicieux repas, aux côtés d'un Sikh au majustueux turban et à la barbe imposante, est une expérience inoubliable.









January 26, 2011

Chaos urbain

 
Embouteillage de rickshaws: une somptueuse symphonie de klaxons en prévision
 
L’Inde c’est bien connu, c’est un cocktail savoureux de couleurs flamboyantes, d’odeurs envoutantes et de mélodies ensorcelantes.
Mais oui, mais oui.
On s’en rend d’ailleurs bien compte en se promenant dans les rues de New Delhi.
Couleurs éclatantes telles le gris-béton, odeurs subtiles de toxiques émanations, sons mélodieux de klaxons, ça oui, l’Inde a vraiment tout pour nous séduire ! 

Les buildings de Connaught Place qui prennent, en ce matin brumeux, la forme de "dents cassées".

January 20, 2011

Calicut, "Banana's Own Country"

Le Kerala est un lieu si paradisiaque que les autorités locales ont rebaptisé la région "God's Own Country". "Le pays de Dieu en personne". Rien que ça. 

C'est pourtant vrai qu'avec ses plages bordées de cocotier, ses reposants canaux cisaillant la jungle et ses collines verdoyantes, il y a quelque chose de divin au Kerala.

En tout cas, s'il existait un Dieu de la Banane, le foyer de ce dernier serait probablement localisé à Calicut. Car, au coeur de la ville, se trouve un incroyable marché où l'on ne veut qu'une chose: de la banane. Bananophobes, s'abstenir.

Jaune, vert et même marron: la palette de couleur a de quoi égayer la ville assombrit par un ciel grisâtre. Mini-banane, banane sêchée, banane géante, banane bien mûre, banane bien verte: ne reste plus qu'à faire un choix.





January 14, 2011

L'Inde, un vrai cirque.




Dans les rues, il n'est pas rare de croiser des singes. En sautant de toits en toits, ils offrent  un spectacle spectaculaire. Parfois, ce sont d'impressionnants pachydermes qui bloquent la circulation. Aux feux rouges, les automobilistes se laissent divertir par des enfants des rues  qui se livrent à des démonstrations incroyables de souplesse et  à des pirouettes à donner le tournis. Tout ça pour récolter quelques roupies. D'autres mendiants, encore moins gâtés par la vie, exhibent quant à eux leurs déformations physiques hallucinantes -  un pied faisant cinq fois la taille humaine, par exemple. Des "elephant men" des temps modernes, des tristes curiosités de la nature, qui auraient  ravi les propriétaires de zoo humains comme on en trouvait au XIXe siècle. Ne soyez pas non plus étonnés si vous tombez sur une fanfare qui déploie ses notes bruyantes en pleine rue. Element indispensable, de tout mariage indien, même ceux des familles les plus modestes, les "band" musicales avec leurs trombones, grosses caisses et autre trompettes font partie du paysage.

L'Inde, un vrai cirque on vous dit.


Dilli Darvazi, Ahmedabad.




Membres d'un orchestre faisant une pause en plein milieu d'un mariage à Jalandhar (Punjab)


Blablabla: de la diversité linguistique indienne.

L'Inde, du haut de ses vingt-deux langues officielles, n'est pas le seul Etat plurilinguistique au monde. Cependant, nulle nation ne peut se vanter d'une diversité alphabétique aussi impressionnante.

Entre les lignes allongés de l'ourdou, la calligraphie chaloupée du tamoul et l'écriture ornée d'une sorte de toit de l'hindi, il y a de quoi décourager à jamais quiconque voudrait maitriser toutes les langues de l'Inde.

Les photos qui suivent proposent un échantillon, du Nord au Sud, des merveilles calligraphiques que l'on peut trouver dans le sous-continent. 

 Sieste à Varanasi (Uttar Pradesh). Le hindi, langue la plus couramment parlée dans la partie nord de l'Inde.

Mosquée Jama Masjid, à Ahmedabad (Gujarat). L'ourdou, très proche cousin de l'Hindi, utilise les caractères du Persan. C'est généralement la langue qui est associée à l'Islam.


Peseur d'homme, dans le Gujarat. Le gujarati ressemble fortement à l'Hindi, la barre horizontale du haut en moins. C'est la langue maternelle du Mahatma Gandhi.

Publicités murales à Puri, dans l'Orissa (région côtière de l'Est de l'Inde). Le bengali est la langue officielle du West Bengal indien ainsi que du Bangladesh.

Amritsar (Punjab). C'est en toute logique dans le Punjab, région dont est originaire le sikhisme, que l'on bavarde en punjabi.




Vendeur de concombres et de piments à Mysore, dans le Karnataka (Sud-Ouest). Les affiches de film en arrière-plan sont en kanada.

Arrêt de à bus à Coimbatore, dans le Tamil Nadu (Sud-Est). Les inscriptions sont en tamil. Les Tamouls sont très fiers de leur langue et de leur identité en général. Ainsi, dans le Tamil Nadu, les films les plus populaires ne viennent pas de Bollywood (films hindis du Nord de l'Inde) mais de Kollywood (dont la base est à Madras et la langue utilisée le tamil). N'essayez pas de leur parlez en Hindi, ils vous ignoreront royalement (dans le meilleur des cas!).


Passage de la bible sur un mur de la ville de Cochin, Kerala (Sud-Ouest). Le langue employé est ici le malayam. Environ un tiers de la population keralaise est chrétienne.

December 12, 2010

Cerfs-volant (pas encore volant)

Dilli Darvazi, Old Ahmedabad.
Le 14 Janvier de chaque année, se tient dans le Gujarat un évènement de la plus haute -au sens propre et figuré- importance. Le festival des cerfs-volant. A cette occasion, le ciel gujarati est littéralement envahi par des millions de cerfs-volants. Oui, des millions. Partant du fait qu'il y a environ 4,5 millions d'habitants à Ahmedabad, la ville la plus importante de l'Etat, et sachant aussi que presque l'intégralité de la population -les enfants bien sûrs, mais aussi de nombreux adultes- se livre au petit jeu de faire virevolter son "kite", il devient facile de s'imaginer à quel point ce spectacle peut-être impressionnant.

En attendant, le jour fatidique du festival n'est pas encore arrivé. En ce début Décembre, nous n'en sommes qu'aux préparations. Et, dans les rues d'Ahmedabad, on sent déjà la pression monter! Entre les fils que l'on colore, que l'on enroule et que l'on s'apprête à vendre, le business du kite festival est lancé!



Etape ô combien importante de la teinte du fil du cerf-volant. Et oui, en Inde on aime les couleurs, pourquoi donc se contenter d'une vulgaire ficelle blanche? 


Plus la date du festival se rapproche, plus les prix augmentent... Les plus malins achètent donc leurs bobines de fil dès maintenant.

Mais bon, pas besoin d'attendre le festival pour commencer à s'amuser!

Quand le drapeau rouge flotte au-dessus de Calcutta.

L’Etat du West Bengal a une caractéristique politique bien particulière : en plus d’avoir été dans le passé un bastion de révolutionnaires indépendendistes particulièrement virulents, c’est aujourd’hui un Etat rouge, un Etat communiste.




Hommage au regretté camarade Sukomal
 
En fait, le Bengale communiste n’est pas une nouveauté. Au contraire, les Communistes dirigent la région de Calcutta sans interruption depuis plus de 30 ans. Depuis 1977 pour être précis. Aucune formation politique n’est encore parvenue à les détrôner. [Des élections seront bientôt organisées, et paraît-il que le Congrès serait, cette fois-ci, en mesure de l’emporter]


Certains disent même qu’être communiste fait aujourd’hui parti de l’identité bengali. Se décréter communiste à Calcutta, c’est un peu faire hommage aux héros révolutionnaires de l’histoire du Bengale, comme le poète Tagore où l’explosif Subha Chandra Bose (qui, à l’inverse de Gandhi, prônait la violence pour renverser le Raj Britannique). Quand on sait que les Bengalis sont très fiers de leur culture, de leur identité propre et de leur supposé intellectualité, on comprend un peu mieux la popularité du Parti Communiste de ce côté de l’Inde.

Intellectualité et communisme, un cocktail typiquement bengali

Pourtant, force est de constater que dans le West Bengal, les Communistes n’ont pas réalisé de grande Révolution. Celle avec un grand R. Celle qui supprimerait les différences de classe. Celle qui donnerait la victoire au prolétariat (ces objectifs sont officiellement toujours présents dans la charte du PC Bengali).


Un des symboles de Calcutta, le human-rickshaw. Originaire de Chine, cette tradition de charrette -taxi tirée par des humains est vouée à disparaître puisque le gouvernement ne délivre plus de permis pour ces véhicules.

Certes, de grosses réformes sociales ont été instaurées –comme par exemple des redistributions de terres- mais elles ne sont pas pour le moment parvenues à anéantir la pauvreté, toujours extrêmement présente dans certains quartiers de Calcutta. Surtout, le drapeau rouge n’a pas empêché le Bengale d’adopter un système économique de type libéral.

Les yeux gloutons du méchant capitaliste McDonald's posés sur un mini-meeting de camarades marxistes (en plein centre-ville)

Quoi qu’il en soit, cette présence communiste est très visible à Calcutta. Des faucilles par-ci, des marteaux par-là, les marxistes ont laissé leur marque dans cette extraordinaire ville qu’est Calcutta. 

La déesse Kali serait-elle en train de tirer la langue au symbole révolutionnaire? Elle n'oserait pas quand même!