December 12, 2010

Cerfs-volant (pas encore volant)

Dilli Darvazi, Old Ahmedabad.
Le 14 Janvier de chaque année, se tient dans le Gujarat un évènement de la plus haute -au sens propre et figuré- importance. Le festival des cerfs-volant. A cette occasion, le ciel gujarati est littéralement envahi par des millions de cerfs-volants. Oui, des millions. Partant du fait qu'il y a environ 4,5 millions d'habitants à Ahmedabad, la ville la plus importante de l'Etat, et sachant aussi que presque l'intégralité de la population -les enfants bien sûrs, mais aussi de nombreux adultes- se livre au petit jeu de faire virevolter son "kite", il devient facile de s'imaginer à quel point ce spectacle peut-être impressionnant.

En attendant, le jour fatidique du festival n'est pas encore arrivé. En ce début Décembre, nous n'en sommes qu'aux préparations. Et, dans les rues d'Ahmedabad, on sent déjà la pression monter! Entre les fils que l'on colore, que l'on enroule et que l'on s'apprête à vendre, le business du kite festival est lancé!



Etape ô combien importante de la teinte du fil du cerf-volant. Et oui, en Inde on aime les couleurs, pourquoi donc se contenter d'une vulgaire ficelle blanche? 


Plus la date du festival se rapproche, plus les prix augmentent... Les plus malins achètent donc leurs bobines de fil dès maintenant.

Mais bon, pas besoin d'attendre le festival pour commencer à s'amuser!

Quand le drapeau rouge flotte au-dessus de Calcutta.

L’Etat du West Bengal a une caractéristique politique bien particulière : en plus d’avoir été dans le passé un bastion de révolutionnaires indépendendistes particulièrement virulents, c’est aujourd’hui un Etat rouge, un Etat communiste.




Hommage au regretté camarade Sukomal
 
En fait, le Bengale communiste n’est pas une nouveauté. Au contraire, les Communistes dirigent la région de Calcutta sans interruption depuis plus de 30 ans. Depuis 1977 pour être précis. Aucune formation politique n’est encore parvenue à les détrôner. [Des élections seront bientôt organisées, et paraît-il que le Congrès serait, cette fois-ci, en mesure de l’emporter]


Certains disent même qu’être communiste fait aujourd’hui parti de l’identité bengali. Se décréter communiste à Calcutta, c’est un peu faire hommage aux héros révolutionnaires de l’histoire du Bengale, comme le poète Tagore où l’explosif Subha Chandra Bose (qui, à l’inverse de Gandhi, prônait la violence pour renverser le Raj Britannique). Quand on sait que les Bengalis sont très fiers de leur culture, de leur identité propre et de leur supposé intellectualité, on comprend un peu mieux la popularité du Parti Communiste de ce côté de l’Inde.

Intellectualité et communisme, un cocktail typiquement bengali

Pourtant, force est de constater que dans le West Bengal, les Communistes n’ont pas réalisé de grande Révolution. Celle avec un grand R. Celle qui supprimerait les différences de classe. Celle qui donnerait la victoire au prolétariat (ces objectifs sont officiellement toujours présents dans la charte du PC Bengali).


Un des symboles de Calcutta, le human-rickshaw. Originaire de Chine, cette tradition de charrette -taxi tirée par des humains est vouée à disparaître puisque le gouvernement ne délivre plus de permis pour ces véhicules.

Certes, de grosses réformes sociales ont été instaurées –comme par exemple des redistributions de terres- mais elles ne sont pas pour le moment parvenues à anéantir la pauvreté, toujours extrêmement présente dans certains quartiers de Calcutta. Surtout, le drapeau rouge n’a pas empêché le Bengale d’adopter un système économique de type libéral.

Les yeux gloutons du méchant capitaliste McDonald's posés sur un mini-meeting de camarades marxistes (en plein centre-ville)

Quoi qu’il en soit, cette présence communiste est très visible à Calcutta. Des faucilles par-ci, des marteaux par-là, les marxistes ont laissé leur marque dans cette extraordinaire ville qu’est Calcutta. 

La déesse Kali serait-elle en train de tirer la langue au symbole révolutionnaire? Elle n'oserait pas quand même!

November 15, 2010

Une vache sacréement envahissante


Vache-démon, aperçue de bon matin dans les faubourgs de Varanasi

Bodhgaya, Bihar. Il est environ midi en cette chaude, très chaude, journée d’octobre. Une femme, visiblement mendiante, est accroupie dans la poussière. C’est l’heure du déjeuner. Les cheveux ébouriffés et le sari râpé par le temps, la femme s’apprête à partager à même le trottoir un daal et des chapatis avec ses deux enfants, âgés d’environ 3 et 5 ans.

C’est à ce moment là qu’un invité surprise décide de pointer le bout de son museau. Une vache blanche, toute squelettique, avance nonchalamment sa carcasse en direction du repas fumant. Visiblement, elle a faim.

La vache s’arrête devant la mère et ses enfants. Elle s’immobilise, semble hésiter. Puis, tout d’un coup, la vache abaisse sa tête et pioche d’un geste vif dans l’assiette. En une bouchée, au moins trois chapatis sont ingurgités par la bête.

La femme, prise de surprise, pousse un cri strident et bondit en arrière. La bête, elle, n’en a que faire des protestations de la femme : elle continue son festin. Elle a l’air d’apprécier les chapatis. La femme crie, gesticule. « Hat ! Hat ! » (dégage ! dégage !) hurle-t-elle sans succès. La vache, stoïque, se régale. Difficile de l’en empêcher : en plus d’avoir un physique imposant, l’animal a un caractère sacré pour les Hindous, ce qui rend difficile l’emploi de la violence à son égard.

Les enfants, autant apeurés par les cris de leur mère que par la présence inopportune de la vache gourmande, pleurent à chaudes larmes. La scène est dramatique.

De toute façon, maintenant, il n’y a plus rien à faire. La vache a engloutit tout le déjeuner. Le désespoir dans les yeux de la femme est saisissant. En Inde, il vaut mieux parfois être né vache qu’être né dans la pauvreté.

L'amour en file indienne


Marine Drive, Bombay


En Inde, conservatisme et pudeur obligent, exprimer son amour en public n’est pas toujours chose aisée. Alors, quand les amoureux parviennent à dénicher un endroit où les regards accusateurs ne se feront pas trop nombreux, c’est par grappes qu’ils se massent pour roucouler avec leur partenaire. Cela donne un effet assez comique de brochettes de couples. L’amour en file « indienne » oserait-on presque dire.

A Bombay, à la sortie du See Link –cet immense pont qui survole la mer- c’est une véritable cohue amoureuse qui a lieu à la tombée de la nuit. Ici, le long de la route, des dizaines et des dizaines de couples viennent s’affairer les soirs de week-end. Laissant de côté leur moto, les amoureux s’assoient sur la rambarde de sécurité longeant la route. Portés par l’embrun marin et l’atmosphère particulière de la nuit, les amants s’embrassent alors passionnément. Séparés d’un petit mètre les uns des autres, les couples ne semblent aucunement être gênés par le manque d’intimité. Cette impressionnante lignée d’amoureux s’étale sur quasiment un demi-kilomètre.

Bon, c’est vrai que s’échanger des baisers avec pour bruit de fond le balais incessant des voitures et pour voisins immédiats d’autres amoureux qui s’embrassent de façon plus vigoureuse les uns que les autres, ce n’est pas exactement idéal en termes de romantisme. Mais, si ça leur procure le sentiment d’être libre, après tout, pourquoi pas ?

November 08, 2010

X


Avec le temps, le porno indien a connu quelques changements notables...


Temple du Soleil, Konark, Orissa

 Khajuraho (Madhya Pradesh)


Affiche dans la ville "sainte" de Varanasi

October 31, 2010

Rasoir


 Des Vishnouites perdus dans un temple bouddhiste (tibétain), à Bodhgaya, dans le Bihar.


Se raser le crâne est un geste hautement sacré pour les adorateurs de Vishnou, le Dieu Protecteur. Ce sacrifice capillaire est censé représenté la soumission des Hommes à Dieu.

A Varanasi, on coupe les cheveux au bord du Gange


C'est pourquoi, régulièrement, les fidèles offrent à la divinité leurs cheveux Tous leurs cheveux ? Presque. Presque car, à l’arrière du crâne, il est de coutume de laisser une petite touffe, une petite mèche. Ce symbole est, une fois de plus, un signe de docilité envers Vishnou : l’idée est de montrer que Dieu a un contrôle complet sur la vie des Hommes et qu’il peut, quand il le souhaite, les ramener au Ciel, en tirant tout simplement sur leur mèche de cheveux.


Dans certains lieux de grande ferveur religieuse, comme ici sur les bords du Gange, on fait la queue pour raser sa tignasse. Et, dans ces cas-là, pas le temps pour les manières. Les coiffeurs rasent à la chaîne, à l’aide d’un rasoir fraichement aiguisé, sans prendre la peine d’utiliser des ciseaux ou une quelconque crème apaisante. En deux minutes, une chevelure de plusieurs centimètres est réduite à néant.


C’est ce qui s’appelle de la dévotion religieuse.

October 29, 2010

Malin comme un singe




Singes, dans les rues de Varanasi (Uttar Pradesh)

A Baba Kharak Singh Marg, on n'inhale pas que de doux parfums de fleur.


Pour profiter de l'effervescence du Baba Kharak Singh Marg Market, situé près de Connaught Place, à New Delhi, il faut se lever tôt. Avant même que le soleil n’ait pointé le bout de son nez, l’agitation de ce marché aux fleurs est déjà à son comble. L’explosion de couleurs qu’offrent les jonquilles, les iris, les grappes de jasmin et les milliers de fleurs violettes, jaunes, rouges, bleues ou roses,  mérite le coup d’œil – ainsi que le coup de nez, grâce au délicat cocktail d'odeurs florales qui s'en dégage.   


Les mines des commerçants et des clients sont sérieuses ; on ne vient pas là pour blaguer. Ici, ça marchande sec.  On se presse notamment pour acheter les fleurs indispensables à la puja (prière) quotidienne. Les longues guirlandes de fleurs jaunes et oranges se vendent comme des petits pains.  Vers 10 heures, quand les vendeurs remballent leurs étales, un amas de déchets végétaux jonche le sol : le mélange de feuilles de bananier géantes et de pétales de roses éparpillées est du plus bel effet.


Mais, même si on vend des roses à la pelle au Baba Kharak Singh Marg Market, l’atmosphère est en fait loin d’y être rose. Car le marché est hanté. Hanté par des enfants sans enfance, que les passants ne remarquent même plus. Hanté par des toxicomanes hauts comme trois pommes. Ils ont entre 7 ans et 15 ans, et représentent la face sombre des grandes métropoles indiennes. Avec leur regard vide, leur démarche hésitante et robotique, ainsi qu’avec leurs vêtements complètement déchirés, ils ressemblent à des zombis.


Ils ont parfois des parents, mais ne vont pas à l’école et passent leurs journées à errer dans la rue, livrées à eux-mêmes. La drogue est devenue pour eux un échappatoire, dont ils n'arrivent d'ailleurs plus à s'échapper. Du matin au soir, du crépuscule jusqu'à l'aube, ces enfants sont sous l'emprise de la drogue. Ils n’ont besoin que d’une quinzaine de roupies (environ 25 centimes d’euro) pour acheter leur dose. Et, pour cela, pas besoin de transgresser la loi : généralement, ils inhalent du blanc correcteur ou bien de la colle, disponibles légalement dans n’importe quel magasin. Ils s’aident ensuite d’un drap – ce qui leur donne une allure de fantôme - sous lequel ils se glissent, pour ne rien perdre des émanations toxiques. Ces produits, pour nous si communs, sont hautement addictifs et, évidemment, dévastateurs pour la santé, y compris la santé mentale. Les hallucinations provoquées par la drogue et les fièvres dues au manque sont le quotidien de ces enfants.


Baba Kharak Singh Marg Market, ou comment passer en quelques secondes des couleurs chatoyantes d'un marché aux fleurs à la noirceur d'enfances gâchées.


September 29, 2010

Sur la route de Bombay

 Quelque part dans le Maharashtra, à bord du Swaraj Express.


New Delhi Railway Station - Bombay Bandra Terminus. Vingt heures de train. Des couchettes bleues, une épaisse couche de poussière, des vendeurs de chai, le temps qui passe lentement mais agréablement. Et surtout des rencontres surprenantes, voir déroutantes.

Il a la cinquantaine et habite la banlieue de Bombay.
Il se dit choqué par le manque de respect des Indiens pour l'environnement. La pollution qui recouvre le pays le rend triste. Son explication: "c'est parce que les Indiens manquent d'éducation". "Very bad", répète-t-il. Vingt minutes plus tard, tout en bavardant avec passion, il balance par la fenêtre, très discrètement, le goblet en plastique de son thé. "Very bad", j'avais envie de lui dire.
En plus de sa conscience environnementale sans faille, ce brave homme a un autre cheval de bataille: la corruption. Malade de voir son pays gangréné par les baksheeshs, il explique qu'il a beaucoup réfléchi à la façon de lutter contre ce fléau. Avec les yeux pétillants, il raconte qu'il pense détenir "la solution". Pour lui, il suffirait, tout simplement, que "les Etats-Unis, la France, l'Australie et la Grande-Bretagne" forment une coalition militaire, envahissent l'Inde, nettoient la classe politique indienne puis imposent un gouvernement "propre". Plutôt radical, le bonhomme. Mais, monsieur, les Indiens ne seraient-ils pas un peu fâchés d'une telle invasion? "No, no", s'empresse-t-il de répondre. "Ce sera comme en Irak. Au début, ils seront énervés. Puis après, ils seront très heureux". 


September 27, 2010

Les poissons de Jama Masjid

Dans le ciel de Jama Masjid, rôde une drôle d'espèce animale; mi-oiseau, mi-poisson.

Individuellement, ces petits animaux volants n'ont rien d'extraordinaires. La couleur grise de leur plume est triste à mourir, leurs croassements n'ont aucun charme et, avec leur long bec, ils feraient même presque peur.
Pris séparément, les volatiles de Jama Masjid n'ont donc aucun intérêt. Mais, c'est lorsqu'ils sont en groupe que leur vraie nature se révèle. La solitude ne fait d'ailleurs pas parti du mode de vie de ces oiseaux. Leur vie se résume à une chose: leur bande.  C'est en bande qu'ils effraient les enfants jouant dans la cour de la mosquée, c'est en bande qu'ils décollent en provoquant un vacarme infernal, et c'est en bande qu'ils survolent fièrement Old Delhi.

C'est ainsi qu'errent, entre les nuages et les fils électriques, parfois jusqu'à cinq ou six différentes nuées d'oiseaux. Ces multiples bandes volent en rang serré. Les différents groupes se croisent et s'entrecroisent, mais jamais ne se mélangent. On aurait presque l'impression qu'ils se livrent à un jeu de provocation permanent. Une sorte de guerre de gangs à ciel ouvert.

A y regarder de plus près, ces hordes d'oiseaux ressemblent en fait à des bancs de poissons. 
Les volatiles sont regroupés de façon très compacte et forment un ensemble sombre qui se déplace avec une étonnante fluidité. Une fluidité qui rappèle la légèreté du mouvement aquatique des poissons. Mais, c'est surtout la couleur de ces nuées volantes qui  évoque le monde marin: les oiseaux offrent en effet en contrebas la vision de réflets noirs, gris et blancs qui font étrangement penser à des écailles brillants aux soleils. D'où l'impression d'assister à un balais de poissons volants.

Entre bancs de poissons et nuages d'oiseaux, laissez votre imagination choisir pour vous!




September 12, 2010

Rickshaw wallah


-Hello, Kailash Hills! Kitne?                                                [Combien?]
-One hundred fifty rupies bhaia!                                           [150 roupies frère!]
-Kya??? Main gora hoon, lekin main pagal nahin hoon!         [Quoi??? Je suis blanc, mais je ne suis pas                                                                                              fou!]
(âpres négociations)
-Thirty rupies, acchaa?                                                       [30 roupies, ça va?]                          
-Theek hai, theek hai...                                                       [Ok, ok...]

Sourires à la mosquée

Il est 18h ce Vendredi de Ramadan. La lumière du soleil se tarit petit à petit. Dans quelques minutes, les Musulmans réunis à Nizamuddin Dargah pourront enfin briser leur jeûne. 
L'atmosphère est électrique. La faim et la soif commencent à faire tourner les têtes. L'odeur alléchante des samosas n'arrange rien. En ce moment de grande cohésion, les croyants s'échangent des regards compatissants et essaient d'entamer des discussion pour oublier les douleurs d'estomac. Chacun ne peut pourtant s'empêcher de dévorer, du regard seulement pour l'instant, son assiette généreusement garnie de piments frits, biryani et autres dattes.  Ô que l'attente est longue, mais qu'elle est excitante!

Finalement, seuls les plus jeunes semblent décontractés. Ils n'ont pas eu à suivre le roza - le jeûne -  les chanceux! Pour eux, pas de soucis de faim ou de soif, pas d'attente interminable.  Rires et jeux se succèdent sur le marbre mouillé par les pluies de la mousson. Le coeur léger et l'estomac rempli, on peut bien prendre le temps de poser - ou plutôt de s'imposer! - sur quelques photos.



Vert sur ocre

Perroquets à Qutub Minar, Delhi.

L'Inde, c'est le pays du détail. Toujours être aux aguets, toujours être à l'affût. Ce sont les petits riens qui font le tout.

Hare Krishna

ISKCON Temple, New Delhi.

Hare Krishna, Hare Krishna 
Krishna Krishna, Hare Hare
Hare Rama, Hare Rama
Rama Rama, Hare Hare


Imaginez-vous un prêtre qui, tel un CD rayé, marmonne  de façon lancinante la même chanson pendant des heures, sans interruption.
Imaginez-vous des grappes de fidèles qui, par soumission, s'allongent de tout leur corps devant leurs idoles.
Imaginez-vous ces mêmes fidèles, en complète transe, dansant, sautant,  hurlant la gloire de  Lord Krishna.
Et maintenant, imaginez un petit blanc entrainé dans cette chorégraphie frénétique.  Imaginez-le, tout à fait euphorique et un brin ridicule, sautiller, gesticuler, inventer des pas de danse. Imaginez-le partager un moment assez surréaliste avec ces joyeux Hindous.
Si vous arrivez à vous imaginez tout ça, alors vous comprendrez dans quel délire j'étais parti ce soir là.

Agarbaati - Pont de fumée


Pour les Hindous, l'encens tient un rôle bien particulier: il symbolise le lien entre nous, pauvres mortels, et les Dieux . Une sorte de pont de fumée mystique reliant la terre aux cieux.                  
J'aime à imaginer que mes photos et mes mots feront office de bâton d'encens. Mon propre bâton d'encens, non pas intermédiaire entre Dieux et Hommes, mais entre vous et moi.
Ainsi, que brûle mon encens et que vous parvienne ses doux parfums!